Témoignages des enseignants

CORDIER Christine portraitInterview de Christine Cordier, maître de conférences à l'université de Paris 7

La Licence professionnelle en Techniques d’Analyse Chimique (LiPAC), au sein du département de chimie de l’université Paris-Diderot, a pour objectif de former les jeunes sur les techniques analytiques physico-chimiques avancées, appliquées au matériau de l’industrie et de l’environnement. Cette formation fonctionne sur un an, en alternance et par apprentissage ; elle est ouverte aussi aux contrats de professionnalisation. Les diplômés s’insèrent comme techniciens supérieurs spécialisés ou assistants-ingénieurs dans des centres de R&D, de contrôle de production, laboratoire d’accréditation, service HSE industriel,….pour tout secteur où l’analyse chimique du matériau est indispensable : métallurgie, cimenterie, pétrole, polymères, céramiques, verres, matériaux composites, revêtements, prospection minière, cosmétique, médicament, agro-alimentaire,…environnement air/eau/sol. Le taux d’insertion professionnel est élevé (> 80% à 6 mois) en raison de la forte demande des entreprises toujours en force d’évolution au regard des exigences de sécurité, contrôle et suivi des produits transformés.

- Quelles compétences estimez-vous devoir trouver chez un jeune pour qu’il devienne apprenti au sein de votre formation ?

Les jeunes doivent avoir un niveau bac+2 validé dans le domaine de la chimie, de la physique-chimie ou équivalent pour candidater à cette formation. Après examen du dossier, un entretien avec le candidat doit montrer sa réelle motivation pour une formation en alternance. Le jeune doit avoir réfléchi à son projet professionnel et convaincre qu’il saura s’insérer dans une entreprise pour y effectuer une mission. Les compétences demandées sont celles d’un technicien chimiste ou physico-chimiste ; à savoir :

  • Élaborer, préparer et transformer des échantillons pour leur caractérisation physique et chimique en adéquation avec la technique d’analyse choisie.
  • Réaliser des prélèvements et des conditionnements adaptés à la nature de l'échantillon et aux contraintes de terrain.
  • Assurer la conduite d'analyses et contrôler les qualités physiques et/ou chimiques de produit échantillon d'origines diverses
  • Dans le domaine de l’environnement, analyser et surveiller la qualité de l’air, de l’eau ou du sol et identifier les agents contaminants éventuels.
  • Développer, évaluer et valider une technique d'analyse
  • Traiter les résultats d'analyses et de mesures physico-chimiques, en valider la pertinence et restituer les conclusions par écrit (support de suivi) et à l’oral en français et en langue étrangère Conscient qu’un jeune ne réunira pas l’ensemble de ces compétences en début de cursus, ce qui nous importe sont ses qualités, son savoir-être et son souci de progresser.

Les qualités que nous privilégions sont : l’autonomie, la rigueur dans le travail pratique et le raisonnement, le souci du travail en équipe, la fiabilité.

- Quels avantages l’apprentissage offre à votre formation par rapport à une formation académique classique ?

L’apprentissage dans le « supérieur », de plus en plus prisé par les entreprises comme par les jeunes, est un formidable moteur pour dynamiser une formation. Les échanges, les discussions, les trinômes constitués par le jeune, le maître d’apprentissage au sein de l’entreprise et le tuteur pédagogique universitaire sont autant de leviers pour faire évoluer les contenus pédagogiques. La formation universitaire ne se contente plus d’être théorique ; elle doit être aussi pratique et donner des outils aux jeunes pour assurer les missions qu’ils se voient confier par l’entreprise. Ce sont de nouvelles formes de transmission des connaissances qui émergent ; « nous ne dispensons plus des cours en face des jeunes ; nous faisons à côté d’eux en les guidant ». Un autre point majeur est celui d’avoir des formations professionnalisantes au sein du tissu universitaire. Ces formations par leur nombre croissant permettent de tisser des liens entre les deux pôles : universitaire et industriel.

- Quelles sont les difficultés d’un parcours universitaire en apprentissage ?

La densité de la formation est sans doute la principale difficulté pour le jeune. Pendant une année (ou plus selon le contrat), le jeune aura à acquérir des connaissances et des pratiques nouvelles à l’université ; mais aussi à assurer une mission au sein d’un service industriel. Le rythme est soutenu ; les exigences du maître d’apprentissage et des universitaires sont fortes. Au fur et à mesure de l’alternance, l’apprenti doit gagner en autonomie, montrer qu’il sait s’approprier un travail pour atteindre l’objectif défini dans son contrat et développer des qualités de savoir-être telles qu’il sera un diplômé prisé sur le marché de l’emploi.

PELLISSIER TANON Arnaud Interview d'Arnaud PELLISSIER-TANON, maître de conférences à l'université de Paris 1 Panthéon Sorbonne

Le M2 Développement des Compétences et Formation en Europe a pour objectif de former des professionnels capables de proposer, au sein de la fonction ressources humaines ou chez un prestataire de service, une vision stratégique de la formation, du management des compétences et, d’une façon plus générale, du développement des ressources humaines.
Notre insistance sur l’Europe ? Tout simplement parce que l’Europe est devenu le rouage de financement des politiques de formation territoriales et de branches. L’entreprise a tout intérêt à connaître ces politiques pour optimiser son plan de formation et développer les compétences de ses collaborateurs.

- Quelles compétences estimez-vous devoir trouver chez un jeune pour qu’il devienne apprenti au sein de votre formation ?

Nous demandons aux candidats une culture générale étendue, de l’aisance relationnelle et rédactionnnelle, un appétence pour la RH de siège social et un peu de passion !

- Quels avantages l’apprentissage offre à votre formation par rapport à une formation académique classique ?

L’alternance favorise l’employabilité : tout un ensemble de compétences professionnelles que l’apprenti développe dans son contexte de travail. Le taux de placement de nos jeunes diplômés est excellent. Et nous bénéficions de l’appui des 1.200 anciens de nos M2 de RH. Un réseau extraordinaire !

- Quelles sont les difficultés d’un parcours universitaire en apprentissage ?

L’apprenti affronte deux dangers :

  • La dispersion, étant donné la diversité des attentes de l’université et de son entreprise d’accueil.
  • Le surmenage, étant donné qu’il mène deux vies en une : étudiant et salarié, sans allègement des exigences qui pèsent sur lui de part et d’autre. La préparation du mémoire met les étudiants à l’épreuve les apprentis.

Pour éviter tout écueil, nous encadrons nos apprentis de deux façons : cours collectif de méthodologie, tutorat individualisé. Tout le monde est soutenu. L’émulation joue à plein. Le succès est au rendez-vous. C’est une fierté pour nous de diplômer la promotion entière !

FLIEDER Laurent

Interview de Laurent FLIEDER, maître de conférences à l'université de Paris 7

Le Master Professionnels de l'écrit s'adresse aux étudiants littéraires (lettres, langues, sciences humaines) et vise à adapter leurs compétences particulières aux besoins précis du monde économique: experts en langue française, synthèse, conception, organisation et présentation de documents écrits, les diplômés sont aptes à produire toutes sortes de textes, web ou print, sur tous supports, pour tous publics. Particulièrement appréciés des services de communication interne/externe des entreprises ou des administrations, des services web et réseaux sociaux, ils sont également recrutés dans les entreprises de presse et d'édition.

- Quelles compétences estimez-vous devoir trouver chez un jeune pour qu’il devienne apprenti au sein de votre formation ?

La première qualité de nos apprentis est leur goût pour l'écriture et le désir d'en faire leur métier. Ils doivent naturellement être attirés par les moyens de communication numériques (web, blogs, réseaux sociaux) et désireux d'adapter leurs productions aux besoins de leur employeur. L'ouverture d'esprit, la curiosité intellectuelle, le sérieux sont évidemment requis.

- Quels avantages l’apprentissage offre à votre formation par rapport à une formation académique classique ?

Les principaux avantages de l'apprentissage intéressent les étudiants (salaire, financement des études et surtout première véritable expérience professionnelle). Pour l'équipe enseignante, cette formule oblige à adapter les contenus des cours et des exercices à la réalité des tâches effectuées dans le cadre professionnel ; ils sont ainsi plus concrets et plus efficaces. Le lien étroit avec les entreprises d'accueil offre une véritable opportunité d'ouvrir l'université sur la réalité du monde édu travail, ses exigences et ses contraintes. En outre le tutorat et le suivi individualisé, de même que l'effectif réduit, engendrent des relations idéales entre enseignants et étudiants. Enfin, le financement de la formation par la taxe d'apprentissage permet de bénéficier d'excellentes conditions matérielles (notamment en équipement).

- Quelles sont les difficultés d’un parcours universitaire en apprentissage ?

Du point de vue du responsable pédagogique, la principale difficulté d'un parcours en apprentissage réside dans la complexité et la lourdeur des tâches d'organisation, de suivi et d'accompagnement. Mais c'est peu de choses par rapport au bénéfice de la formule pour les étudiants qui accroissent considérablement leurs compétences et leurs chances de trouver rapidement un emploi correspondant à leurs goûts et à leurs projets. Pour les étudiants, la difficulté principale réside dans la nécessité de mener de front un véritable emploi et la poursuite d'études: importante charge de travail, calendrier à la fois serré (peu de congés) et long (24 mois), difficultés d'adaptation propres à toute nouvelle prise de poste, exigences simultanées mais très différentes de l'entreprise et de l'université. Mais c'est aussi l'occasion d'apprendre sans trop de risques les usages et méthodes propres à la vie professionnelle.

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Interview de Mathilde GOLLETY, Professeur en Sciences de Gestion

Je dirige deux formations en marketing au sein de l’université Paris 2 Panthéon Assas. Elles sont toutes deux en apprentissage et donc adossées au CFA FORMASUP Paris.
L’une, le Master 2 Marketing et Communication des Entreprises (M2 MCE), est ancienne, bien installée dans le paysage des formations universitaires.
L’autre, le Master 2 Intelligence Marketing et Mesure des Marchés, bientôt nouvellement renommé Data Marketing Intelligence (M2 I3M /DMI), a ouvert en apprentissage en septembre 2016. Cette formation est complémentaire de la précédente et permet ainsi d’élargir l’offre de formation en marketing de l’université Paris 2. Ces deux formations ont comme spécificité d’avoir été pensées et conçues en étroite relation avec les milieux professionnels (Association des Agences Conseil en Communication et Médiamétrie pour le M2 Marketing et Communication des Entreprises ; Médiamétrie et l’IREP pour le M2 Intelligence Marketing et Mesure des Marchés), qui sont pleinement parties prenantes de la formation. Concrètement, les enseignements sont assurés à 40% par des académiques, et à 60% par des professionnels, professeurs associés au sein de l’université ou manager, directeurs dans des entreprises ou agences de communication, ayant une vraie appétence pour la transmission et une expertise pointue à partager.

- Quelles compétences estimez-vous devoir trouver chez un jeune pour qu’il devienne apprenti au sein de votre formation ?

La curiosité d’esprit, l’autonomie, l’esprit d’initiative et la capacité de travail me semblent être des compétences indispensables pour pouvoir mener à bien ces cursus universitaires exigeants. Un apprenti au sein du M2 MCE ou M2 I3M /DMI doit s’impliquer dans la formation sur des projets connexes qui participent à son rayonnement (organisation de conférences, animation de tables rondes, participation à la création d’un site internet, organisation de visites d’entreprises….). On reproche souvent aux universités de ne pas suffisamment développer de réseaux d’anciens étudiants. Rappelons que contrairement aux écoles, nous n’avons pas ou peu de ressources pour le faire. Pour pallier à cela, c’est en mettant les étudiants dans une posture active et impliquée que l’équipe pédagogique espère fédérer un esprit « MCE » « I3M/DMI » dont les anciens se rappelleront quand ils chercheront eux –même un apprenti ou qu’ils auront besoin d’embaucher ou encore qu’il leur faudra verser leur taxe d’apprentissage.

- Quels avantages l’apprentissage offre à votre formation par rapport à une formation académique classique ?

L’apprentissage est un formidable tremplin pour l’insertion professionnelle des jeunes. Par l’alternance entre des temps en entreprise et des temps à l’université, nos étudiants ont ainsi l’opportunité d’acquérir les bases théoriques solides qui leur permettront de prendre de la hauteur par rapport à des situations concrètes rencontrées dans le cadre de leur mission en entreprise. N’oublions pas aussi que plus de la moitié de nos étudiants en apprentissage voient leur contrat se prolonger sous une forme ou une autre dans leur entreprise d’accueil.

- Quelles sont les difficultés d’un parcours universitaire en apprentissage ?

Un parcours universitaire en apprentissage est exigeant. Le rythme y est dense. Les étudiants apprentis doivent exceller aussi bien dans le cadre des travaux ambitieux qui leur sont demandés (résolution de cas, mémoire, campagne de communication à monter intégralement…) que dans le cadre des missions qui leur sont confiées en entreprise. Il faut donc qu’ils soient prêts à tout donner cette année-là ! C’est ce qu’ils font la plupart du temps, avec enthousiasme et appétit !